Yasu Kakegawa : Perles du Japon à Paris

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Poussez la porte de cette minuscule boutique de thés japonais. Elle vient d’ouvrir et promet, à vous, et vos papilles, des découvertes « théistiques » (vous m’excuserez le néologisme) étonnantes. Fin Janvier, je passais un long moment avec Yasu Kakegawa, le maître des lieux, alors qu’il venait tout juste d’ouvrir ce petit temple dédié aux amateurs de thés du Japon que vous êtes déjà ou que vous deviendrez peut-être.

Je remercie à chaque gorgée du thé rapporté de chez Yasu Kakegawa, Zoé, nippon-phile, auteure du blog « Oiishi Desu » et non moins amie avec qui je ne manque jamais une occasion de déguster un plat japonais dès qu’elle arrive à Paris. Je la remercie puisque c’est elle (ou plutôt son père!), qui passait par là, qui m’a avertie de l’ouverture d’un nouveau lieu de thé. Vous noterez que Zoé est une bonne indic; c’est elle également qui nous faisait découvrir il y a peu « Bonjour-Bonsoir » à Genève (un repère à Gong Fu Cha). *

Ni une ni deux, à peine l’adresse en poche, je me retrouvais devant une tasse d’un fabuleux sencha, de genmaicha incroyable (thé vert japonais agrémenté de grains de riz torréfiés), de kukicha (茎茶  tiges de théier)…

Yasu Kakegawa était à peine installé lors de mon passage; il prit le temps de me faire déguster ses merveilles et de m’expliquer sa démarche : 17 références de thés, certainement plus de 18 à l’heure où je vous écris ce billet avec l’arrivée d’un matcha « Narino » très rare de la région d’Uji. Ce type de matcha (抹茶, littéralement thé en poudre) ne verra pas l’ombre d’une recette de cake ou d’une madeleine . L’utiliser en cuisine serait un péché. Il convient pour la préparation du Koicha (濃茶, thé très « très » épais préparé lors des cérémonies de thé au Japon) aussi bien que pour la préparation de l’Usucha (薄茶thé plus léger), mieux connu dans nos contrées occidentales et très certainement celui qui vous a été servi lorsque vous avez demandé un matcha. Je reviendrais sur cette cérémonie du thé au Japon si envoûtante…

Parmi ses thés et ses accessoires (théières (Kyusu), pot à refroidir l’eau (Yuzamashi), tasses (Yunomi)…) aucune place à l’à peu près. Des thés triés sur le volet auprès de petits producteurs (gamme de prix évoluant de 9,90€ à 80,50€ les 50 grammes ainsi qu’une gamme de thé en format 10g idéale pour tester des grands crus), des accessoires alliant finesse et simplicité… Je me souviens encore de ce genmaicha dont j’ai croqué les feuilles et les grains de riz torréfiés avant de les infuser. Yasu Kakegawa m’expliquait alors que le fermier utilise son propre riz que je suis tentée de nommer « haut de gamme » puisque ce même riz ne serait normalement pas destiné à se retrouver flirtant avec des aiguilles de sencha!

Je ne vais pas tout vous dévoiler si ce n’est peut-être la merveille venue de Shizuoka que je me suis offerte. Yasu Kakegawa me faisait découvrir un cultivar (équivalent de nos cépages pour le vin) atypique : Kondo-Hayase.

Pour celles et ceux qui posent ou se posent la question, arrivent dans nos tasses des thés japonais issus d’un cultivar « dominant » sur le marché : le Yabukita (près de 80% de la surface cultivée pour le thé au Japon). Quand Yasu Kakegawa me parlait d’un cultivar issu de graines d’une variété « assimica » (thé d’Assam en Inde pour celles et ceux qui en sirotent), mes yeux devenaient aussi ronds que des billes. Il est rare de trouver des variétés autres que le Yabukita et surtout de trouver une maison de thé qui connaisse le cultivar du thé proposé et le mette en avant. Pour l’histoire, le cultivar Kondo-Hayase est un croisement de Yabukita et d’une autre espèce moins connues (Shizu-Inzatsu 131). Le terme a peu d’importance en soi (même si je trouve toutes ces nouvelles saveurs issues de variétés de thé différentes excitantes!). Le plus intéressant selon moi est de comprendre ce que vient faire l’Inde (Assam) dans une tasse de thé japonais. Au 19ème siècle  (1869), le Gouvernent de l’ère Meiji envoyait un de ses experts Tada Motokichi à Mariko dans la province de Shizuoka pour promouvoir le thé… noir! Oui, oui, le thé noir. Alors que les thés du Japon nous laissent souvent l’image d’une tasse de thé vert… Le père du thé noir au Japon avait parcouru la Chine et l’Inde, avait pris le temps de visiter des fabriques à Darjeeling et Assam pour rapporter quelques graines, des techniques et enseignements! Sans lui, point de thé noir au Japon, sans lui et Yasu Kakegawa, point d’émerveillement de mes papilles et bientôt des vôtres (j’espère)!

Bref, je ne sais trop quoi vous dire si ce n’est de pousser la porte de cette boutique de thés du Japon, oserais-je dire « Perles du Japon », pour vous faire votre propre opinion. Curieux ou amateurs très éclairés, je pense que l’expérience gustative est à vivre. Yasu Kakegawa et sa montre à gousset, gardienne du temps d’infusion, seront là.

YasuKakegawa – Thés du Japon
12 rue Simon le Franc
75004 Paris 
Tel : 01 44 61 28 21
Metro : Rambuteau

Ouvert jeudi au lundi, de 13h à 18h30 (fermé le mardi et le mercredi).

Gamme de prix :  de 9,90€ à 80,50€ les 50 grammes ainsi qu’une gamme de thé en format 10g idéale pour tester des grands crus

Crédit photos : Mademoiselle Thé

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2 Responses to “Yasu Kakegawa : Perles du Japon à Paris”

  1. [...] est sur le blog de Mademoiselle Thé, lisez le très bel article sur une nouvelle boutique de thé Japonais sur Paris (Perles du Japon). J’espère pouvoir aller dans cette boutique, l’article m’a mis l’eau à la [...]

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