30 Sachets au Banc d’Essai : Du Rififi dans nos Tasses de Thé

Une Mademoiselle Thé Sachet de Thé 60 millions de Consommateur

Le magazine 60 Millions de Consommateurs sortait en décembre dernier un dossier mettant en avant les résultats d’un essai de 30 thés en sachet différents. Une façon pour ces journalistes et ingénieurs de nous dire que ces thés en sachets « ne sont pas toujours irréprochables » (titre de l’article)…

60 millions de Consommateurs a sélectionné 30 thés en sachet différents : thés verts, thés noirs et thés aromatisés (Earl Grey) et en très grande majorité, commercialisés dans le circuit de la grande distribution. Ils ont recherché les polluants; comprenez les pesticides, les fongicides, les métaux lourds (cadmium, mercure…) ainsi que les matières radioactives et ont analysé la richesse en antioxydants, argument n°1 de vente, parfois à tort, de certains thés verts.

Impatiente, je lisais tout d’abord, l’article, plutôt les gros titres en diagonal et les résultats de l’analyse un peu comme le jour des résultats du bac. Le Palais des Thés avait une bonne note (17,5/20) soit, mais se retrouvait sur la même marche du podium que nos bons vieux sachets Lipton. Je fronçais les sourcils comprenant lentement que l’essai ne portait pas de prime abord sur les qualités organoleptiques de ces thés (Le Saint James Orange Pekoe du Palais des Thés arrive en tête de la catégorie « Dégustation » des Thés Noirs) mais bien sur leur qualité (et ça ne fait pas rêver) « sanitaire ». Et personne ne pouvant juger des goûts et des préférences, après tout, l’angle d’attaque me semblait des plus factuels. Les titres affichaient pourtant une couleur des plus alarmistes digne de certains tabloïds : « Jusqu’à 11 pesticides dans du thé vert », « des traces de métaux lourds »…

Loin de moi l’idée, à travers le relais de cette information de causer quelque tort que ce soit à une marque ou une maison de thé en particulier voire à la filière thé dans son ensemble. J’ai trop de respect pour celles et ceux qui font de cette passion pour le thé un commerce respectable (je perçois déjà que le rififi ne sera pas que dans nos tasses de thés sur ce point!). Mais cet article a toutefois semé quelques doutes dans mon esprit (de bisounours, je vous l’accorde). Tout ne peut pas être pris pour argent comptant mais comment ne pas se poser de questions devant des marques qui présentent de si mauvais résultats. Je vous inviterai à vous procurer ce magazine ou cet article et à donner également votre avis. Voici quel est le mien.

Les « plus » de cet article :

- Les marques de thé vont, je l’espère, se sentir suffisamment alertées par le fait que les consommateurs (oserai-je dire « Consom’acteurs » pour reprendre une vieille formule retenue sur les bancs de l’école) en ont assez d’être pris pour des jambons (avec tout le respect que je dois à la gente porcine). Cartons rouges levés par 60 millions de Consommateur à Alter Eco avec la note de 6,5/20 pour son Darjeeling Vert pourtant labellisé bio et équitable (pour sa teneur en fongicide), à Twinnings Of London version Earl Grey et Thé Vert avec respectivement 10 et 7/20 (notamment pour sa teneur, même très faible en cadmium) ou encore au Thé Vert Sencha des Comptoirs Richard même si ce thé obtient la note de 13/20 (pour ses résultats jugés insuffisants sur les items métaux lourds et teneur en catéchine recherchée).

- Le descriptif :  prix indicatif au 100g, labels… (en dehors du choix des marques qui ne pouvait manifestement pas être exhausitif) me paraît instructif.

- Cet essai bouscule, selon moi les croyances et les idées toutes faites : Le Bio peut rimer avec pollution (là, vous ne le voyez pas mais je bondis…), thé vert ne rime pas toujours avec antioxydants, la « démarche » équitable (il faudrait aborder les labels mais il s’agit là d’un autre débat) ou le » marketing des bonnes intentions » qui n’est pas toujours une garantie…

Les « moins  » de cet article :

- Un essai ne peut pas être exhaustif mais pourquoi de pas avoir choisi de tester également  les grands noms du Thé : Mariage Frères, Dammann Frères, Theodor, Kusmi Tea, George Cannon, Compagnie Coloniale… Et pourquoi Le Palais des Thés ou les Comptoirs Richard dans ce cas? Je sens que les langues vont se délier.

- J’espère que cet article ne va pas jeter un voile noir sur le thé de façon générale. Il est parfois aisé pour des détracteurs de généraliser des conclusions.  Même si les qualités sanitaires de ces thés sont variables, les mauvais élèves ne mettent pas non plus notre vie en danger.

- Aucun Thé Japonais n’était sur le banc de cet essai. Il est vrai que peu d’entre eux se retrouvent en sachet dans les linéaires de Carrefour ou d’Auchan. Cet article fait référence à Fukushima mais n’affirme rien de précis quant aux conséquences de cet évènement. Je ne devrais pas mettre cet argument dans la « case moins » mais je suis tellement amoureuse des thés japonais que ce thème me bouscule.

Mon plaidoyer est le suivant :

1°) Faisons rimer le thé avec plaisir (et opposons « santé » avec l’idée qu’une tasse n’a pas à exister sans « le bon goût du » thé )

2°) Si nous sommes suffisamment nombreux à faire entendre nos voix pour demander une traçabilité, des renseignements justes et précis au même titre que d’autres produits alimentaires, nous y arriverons peut-être un jour. Attention, n’allez pas me faire dire ce que je ne veux pas dire. Je défends le fromage au lait cru, l’andouillette AAAAA (terrain glissant en ce moment, je vous l’accorde!)… Je ne demande pas de passer les feuilles de thé au karcher et encore moins d’uniformiser les goûts mais simplement que la filière thé ajoute un zeste de transparence. Un exemple me vient en écrivant ces lignes : quand un thé vert façon sencha japonais est manufacturé en Chine, c’est mieux de le dire, c’est moins bien d’attendre que les clients  ne s’en rendent compte par eux mêmes et aient envie de faire une tête au carré à leur sympathique vendeur de thé qui lui même n’en avait aucune idée (toute ressemblance avec des personnages ou situations existantes ou ayant existé ne serait être que fortuite!…)

3°) Si vous faites confiance à votre (vos) vendeur(s) de thé, qu’à cela ne tienne. Vous me permettrez , je l’espère, de reprendre une citation de Lénine : « La confiance n’exclut pas le contrôle ». Là, je ne vais pas me faire que des amis, mais bon…assumons.

4°) et enfin, une citation (la mienne) : « un bon thé en sachet qui vous fait plaisir vaut mieux qu’un mauvais thé en vrac ». Sur ce point, je suis allée faire le tour des rayons et autres têtes de gondole de supermarché et me suis achetée quelques sachets (mais oui!). Il me fallait absolument fricoter avec quelques uns des choix de 60 millions de consommateur : le Earl Grey de la marque Clipper par exemple (j’avais déjà fricoté il y a quelques années avec lui lors d’une balade londonienne. Le goût de bergamote est très prononcé mais après tout… c’est une histoire de goût. La marque m’est sympathique, j’ai passé un bon moment à lire les 6 côtés des boîtes de cette marque, à ouvrir le sachet, à remarquer ces petits cristaux blancs qui croquent sous la dent et laissent un arôme bergamote dans la bouche pendant… quelques heures! La liqueur est plaisante et je reste consciente qu’il n’y a rien de comparable avec un grand cru. Mais tout est là : comparons ce qui est comparable.

Je vous prépare également mon plaidoyer sur les « Salons de Thé »… Voilà un autre sujet qui nous demandera de nous retrouver à nouveau autour d’une bonne tasse de thé!

 

Voici la liste des thés et marques de thés testés dans le cadre de l’essai réalisé par 60 Millions de Consommateurs n° 467 de Janvier 2012 (vous pouvez vous procurer l’article en ligne et en kiosque) :

 

 

«  Thés Earl Grey

Jardin Bio Earl Grey - Clipper Earl Grey - Tetley Earl Grey classique - Britley-Marque repère Thé de Chine Earl Grey - Twinings of London Original Earl Grey - Eric Bur Grands Thés Earl Grey Bergamote.

Thés noirs

Mieux vivre (Auchan) Thé noir - Monoprix Thé royal Ceylan - Fairglobe Darjeeling thé noir des montagnes de l’Himalaya - Lipton Yellow label tea - Le Palais des Thés Saint James Orange Pekoe - Tetley English breakfast - DIA Thé noir de Chine Breakfast - Twinings of London Grands jardins de Darjeeling - Cotterley (Intermarché) Thé noir de Ceylan - Carrefour Bio Darjeeling Thé noir des Indes -Escale Equitable Thé Darjeeling - Alter Eco Thé noir nature Darjeeling.

Thés verts

Bjorg Equitable Thé vert de Ceylan - Entr’aid/Marque Repère Thé vert Darjeeling -Destination Thé vert bio nature  Lipton Thé vert nature - Clipper Thé vert -Comptoirs Richard Thé vert Sencha - Casino Thé vert original - Escale Equitable Thé vert - Leader Price Thé vert de Chine - Cora Thé vert - Twinings of London Thé vert nature - Alter Eco Thé vert nature Darjeeling. »

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29 Responses to “30 Sachets au Banc d’Essai : Du Rififi dans nos Tasses de Thé”

  1. Eliab dit :

    Dommage que le site n’ait pas testé les marques à la mode du moment.

    J’ai déjà fait des blinds tests avec des mais avec du thé bon marché et des thés à la mode qui avoisinent les 10€ les 100g.

    Je conseille ce test à toutes les nanas folles des boites Kusmi. Ils obtiennent un très mauvais résultat en blind … Parfois le marketing en ressort gagnant

  2. Bonjour,

    Merci d’avoir pris le temps de décortiquer ce dossier.

    Je me permets d’apporter quelques précisions concernant cette si mauvaise note qui nous est attribuée.

    La coopérative de thé avec laquelle nous travaillons en Inde est une coopérative certifiée bio, les producteurs cultivent et récoltent le thé en système biodynamique et n’ont jamais fait usage de pesticides/fongicides dans les champs.

    La présence de fongicides décelés dans ces produits nous a donc fortement inquiété. Après une visite sur place et différentes analyses sur la matière première (qui n’a présenté aucune trace de produits chimiques) via un laboratoire indépendant, nous avons identifié la source du problème au niveau des étiquettes et encres utilisés pour le packaging.

    Nous avons envoyé au laboratoire une boîte de chaque référence et du même lot que celui analysé par 60 Millions de Consommateurs pour une recherche en OPP (le fongicide en question).

    Le laboratoire a mis plusieurs sachets (papiers + encre) de chaque référence dans des solutions d’extraction pendant plusieurs heures. Puis la solution a été analysée. La laboratoire a retrouvé de l’OPP pour les deux références.

    Nous pouvons donc effectivement supposer que les molécules présentent dans l’encre migrent vers le thé lors du stockage.

    Nous avons demandé à la coopérative qui récolte, transforme et conditionne en Inde la composition exacte des deux encres. Les encres étant fabriquées sur place nous n’avons pas pu obtenir pour l’instant la composition exacte.

    Nous lui avons demandé de changer d’encre suite à l’obtention de ce résultat. Nous avons également contacté des sociétés françaises de conditionnement de thé afin de connaître leurs fournisseurs en encre. Nous nous renseignons également sur le décret existant sur les encres à faible migration.
    L’objectif étant de changer très rapidement l’encre utilisée en Inde (nous espérons sous un délai de 4 mois).

    Le commerce équitable a pour vocation d’accompagner les producteurs sur le long-terme en leur permettant notamment d’intégrer au maximum la valeur ajoutée du produit (d’où la pertinence de faire transformer ces produits sur place). Il est donc nécessaire pour nous de soutenir la coopérative en envisageant ensemble une solution à cette problématique (dont nous reconnaissons évidemment le caractère prioritaire).

    C’est notamment grâce à des dossiers comme celui-ci que nous pouvons poursuivre dans notre démarche de progrès et être toujours plus pertinent dans le soutien que nous apportons aux producteurs et dans leur accompagnement vers un développement autonome et durable.

    Eric, Directeur Filières et Relations Publiques d’Alter Eco

  3. Zazen Rouge dit :

    En effet, curieux (et dommage) d’avoir comparé des thés de supermarché à ceux du Palais des Thés sans avoir inclus des produits d’autres boutiques spécialisées!

    Il paraît qu’il n’est au final pas si facile que ça de trouver des thés japonais bio (notamment en ce qui concerne le matcha) car certains lobbies des régions productrices restent assez mystérieux quant au processus de fabrication de leurs thés. Auriez-vous déjà eu des retours là-dessus?

  4. [...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } mademoiselle-the.fr (via @lesdeuxsiciles) – Today, 5:33 [...]

  5. Brigitte D dit :

    Merci pour ce superbe article .Eh oui c’est bien dommage de comparer ce qui est pas « vraiment « comparable !

  6. Mondeduthe dit :

    Merci pour l’info.
    Une choses qui serait importante est de bien faire la différence entre la marque commerciale finale et l’origine du produit.
    Que le thé soit sous tel ou tel marque, ou via telle ou telle boutique, c’est au final sa provenance qui est importante. Provenance malheureusement pas ou peu protégée… d’où beaucoup de confusions.

  7. Mademoiselle Thé dit :

    Merci à tous pour vos retours et réactions quant à ce « décorticage ».
    Merci à Eric d’Alter Eco pour sa réponse précise qui montre l’intérêt que cette entreprise porte aux remarques de ses clients.

  8. LucE dit :

    L’article m’appelle a 1 seul commentaire : vu ce que l’on avale de toute façon dans notre alimentation de tous les jours, je ne suis pas étonné et puis cela n’est pas précis entre la teneur des pesticides dans le thé et la teneur réelle (donc le risque) de ce que l’on ingurgite vraiment une fois le thé infusé ! Par ailleurs, cela prouve une fois de plus que « bio » ne rime pas avec securité alimentaire mais avec « Bon pour la planète » puisque c’est une démarche à l’origine fait pour préserver les terres (me semble t-il) même si les marketteurs nous le vendent et l’ont détourné comme « Bio = bon pour la santé » :)

    Par contre,ce sont plutôt à certains commentaires que j’aimerais réagir.
    Le 1er : Réponse de Mr Eric de AlterEco – C’est vrai que c’est courageux de répondre, maintenant un peu facile tt de même de ne s’apercevoir que ce serait soit-disant la faute des encres et des emballages et qu’au final leur produit n’est pas bio, qu’une fois un article paru. Je sais que je vais faire hurler tout le monde mais si ce monsieur nous lit, je voudrais lui poser une question: « Maintenant qu’ils le savent, ont-ils fait retirer l’ensemble de leurs produits sur le marché (étiquettés BIO dans nos rayonnages, alors qu’il ne l’est au final pas) dans l’attente de résoudre la question des encres et de nous garantir qu’ils le remettront en vente une fois l’assurance qu’il soit réellement Bio ???? »
    Là, ce serait courageux, plus qu’un joli discours !!!! Car l’argument marketing lui reste présent pendant ce temps sur les emballages en rayonnage alors que leurs thés contiennent des pesticides :)

    Après, en 2nd, c’est plutôt une question d’avis personnel. Je suis fan et lecteur assidu de Mademoiselle Thé et j’aime bcp la pertinence de ses articles, mais je ne comprends pas cette offuscation du fait que Palais des thés soit comparé aux autres marques de supermarché. En ce qui me concerne, même si leurs boutiques sont en centre ville et pas en galerie commercial, Palais des thés n’a rien à voir avec une marque de spécialiste dans son marketing mais plus une marque de « masse market », non ? Il serait complètement concevable, vu leur image et leurs packagings qu’ils soient distribuée en grande distribution, à l’inverse de Mariage, Thés de Chine, Theodor….d’ailleurs, c’est parfaitement l’image que j’en ai, au même titre que Coffea, par exemple. Pour moi, c’est une marque de grande diffusion, populaire de volume pas une « maison » de thé!!! Je ne parle pas de qualité ou d’offres, même en grande distribution, on peut trouver des produits de qualité et un large choix, je parle de leur image, plus pédagogue dans l’approche que des vrais spécialistes, plus « raccoleuse » que raffinée, plus « vulgarisé » que confidentielle. Et je ne vois pas en quoi cela est choquant qu’il soit sur ce banc d’essai et que vous vous en offusquiez. A la limite, il est dommage qu’il y ait eu quelques oublis comme Coffea ou Damman , par exemple, mais voilà tout.
    Enfin ce n’est que mon avis :) )

    En tout cas, comme le conclu Mademoiselle Thé, j’espère que les professionnels prendront conscience que nous avons besoin de plus de transparence et que nous gardons un oeil sur eux.

    • Mademoiselle Thé dit :

      Bonjour Luc,
      Merci pour votre témoignage et de vos compléments.
      Je tentais dans le déroulé de mon billet de décrire ce que j’avais ressenti à la lecture de 60 millions de Consommateur.
      Palais des Thés ou un autre enseigne de même envergure, je ne m’offusque de rien (^_^) et je ne soutiens pas une marque plus qu’une autre. Je soulignais le fait qu’il était complexe de mener un test exhausitif et de comparer des univers de thés comparables.
      Nous avons une opportunité ici de demander aux marques de faire attention à ce que leur discours marketing et leurs promesses soient en phase avec la réalité (en espérant qu’aucun oxymore ne se cache derrière tout ça mais j’ai tendance à douter dans certain cas).
      Je remercie également Eric d’Alter Eco pour sa démarche de réponse.
      Je vais de ce pas me faire infuser un thé vert sauvage que j’ai rapporté d’Anji en Chine! A bientôt Eric et bon thé!

    • Bonjour Luc,

      Merci d’être aussi vigilant ! Mais rassurez vous, nous n’attendons pas d’être pris la main dans le sac pour réagir, nous n’avions pas connaissance de la présence de la molécule en question dans nos thés. C’est l’analyse du laboratoire sollicité par 60 Millions de Consommateur qui nous a mis la puce à l’oreille.

      J’ai déjà répondu sur ce point à Mademoiselle Thé, il est important que je vous fasse également part de ces informations publiquement.

      A l’époque où nous avons analysé les échantillons correspondants aux lots testés par le labo de 60 Millions de Consommateurs, le laboratoire avec lequel nous travaillons systématiquement pour les analyses d’échantillons ne testaient pas encore cette molécule (l’OPP).

      Chaque laboratoire ayant sa propre liste de pesticides prioritaires à analyser. Les analyses du Laboratoire (indépendant) que nous sollicitons ne révèlent aucune trace sur les échantillons en question (ceux-là mêmes testés par 60 Millions de consommateurs…).

      Si nous prenons la parole a posteriori de l’article, ce n’est donc pas car nous nous cachions en espérant que personne ne découvre la situation ( évidemment pas ! sinon notre démarche éthique n’a aucun sens) mais bien parce que notre laboratoire ne faisait pas de test sur cette molécule précise.

      La journaliste de 60 Millions de Consommateurs nous a averti des résultats de l’analyse en amont de la publication et c’est grâce à elle que nous avons contacté notre laboratoire pour comprendre la situation:

      Notre laboratoire à mis en place cette analyse systématique d’OPP sur nos échantillons de pré-embarquement en décembre 2010, alors que les échantillons évoqués ont été testés le 20 octobre 2010. L’absence totale de pesticides suite à cette analyse nous avait donc conduit à valider l’échantillon de pré-embarquement et donc l’import du container.

      Voilà donc les informations détaillées sur la situation.

      Sur le plan du retrait des produits. Nous sommes dans l’attente de la liste des magasins qui ont été livrés avec ces lots de thé mais je ne pense pas être loin de la vérité en précisant que depuis la réception du container (il y a 12 mois) les stocks ne sont probablement déjà plus en magasin.

      J’espère avoir été assez clair sur ces sujets complexes.

      Bien à vous,
      Eric

  9. Déborah dit :

    Merci pour ce super article et les questions qu’il soulève !

    Il est vrai qu’une plus grande transparence ne serait pas de trop, surtout pour un produit comme le thé dont on n’arrête pas de vanter les mérites santé!…C’est un tout autre (enfin pas tant ^^) débat mais on retombe toujours sur le même sujet : les labels.
    Quant aux types de cueillette, périodes de récolte, origines.. on est effectivement loin de toujours tout savoir, y compris chez les « grands noms » du thé acheté par de très nombreux consommateurs qui pensent acheter du thé de grande qualité (ce qui n’est pas toujours le cas)…

    Merci également pour la réponse d’Alter Eco. Est-ce que des tests similaires sont prévus sur d’autres produits de la marque ?

    Déborah

    • Mademoiselle Thé dit :

      Bonjour Déborah!
      Merci à vous pour ce retour. Je pose la question à Alter Eco.
      A bientôt.
      Claire

    • Bonjour Déborah,

      Merci de votre retour. Pour vous donner quelques informations sur nos processus « qualité » en ce qui concerne les analyses :

      Nous faisons une analyse pré embarquement sur toutes les références que nous qualifions « à risque » : Chine (pour le thé), Inde (pour le riz et le thé) et Palestine et Maroc (pour les huiles d’olive).

      Nous faisons également une analyse pesticide par gamme de produits finis chaque année. Effectivement suite à ce problème, nous allons faire évoluer ce processus en réalisant en plus, pour certains produits à risque (thés, boîte de conserve), comme les produits conditionnés hors Europe, des analyses à 6 mois après livraison (pour visualiser s’il existe une interaction entre l’emballage et le produit).

      J’espère vous avoir apporté des éléments de réponse pertinents.

      Bien à vous,
      Eric

  10. Francine dit :

    Merci Claire pour cet article « courageux », merci surtout d’avoir décortiqué ces infos « imbuvables ». Je ne connaissais pas le 1/4 des marques qui sont citées… Je me suis toujours méfiée du label « bio »: chez moi, je fais un jardin bio, mes voisins, la propriété est clôturée mais elle n’empêche pas les eaux de ruisselement, ce n’est qu’un tt pt exemple. Et j’ai toujours en tête la remarque d’un de mes profs d’univ: si un humain du siècle passé devait manger ce que nous avons dans notre assiette aujourd’hui, son contenu sera pour lui du poison voire léthal! C’était avant … 1970! Rappelons-nous aussi Tchernobyl: il est vrai que le nuage a contourné votre hexagone et qu’en belgique, seuls les champignons ont été contaminés… Ceci dit, aucune analyse ne m’empêchera de m’adonner sans modération à ma boisson préférée, ce qui me fait du bien ne peut pas me faire du mal, c’est de moi, cette citation! Et merci encore pour cette « petite » surprise qui m’intrigue…

  11. Estellecalim dit :

    La réponse d’Alter eco me ramène à une réflexion que j’ai eu plusieurs fois au sujet du thé équitable et du thé bio. Le thé Clipper est conditionné dans un seul grand sachet, alors que ces thés sont présentés en petits sachets plastiques ou papiers.
    Dans une démarche bio ou équitable, ne pourrait-on pas supprimer ces suremballages qui polluent en se retrouvant dans nos poubelles, et qui causent des transferts de produits indésirables sur le thé ?
    Ce serait peut-être une solution pour que ces producteurs gagnent un petit peu plus (le prix du papier et de l’encre) et qu’il y ait un peu moins de déchets dans nos poubelles.

    Quant au Clipper, j’avoue avoir découvert leur earl grey il y a quelques temps, et je suis devenue addict directement. D’ailleurs, je n’en trouve pas en ce moment et c’est un vrai drame (même si un thé mariage aura bien plus de valeur à mes yeux… d’ailleurs, je vais aller me faire un Nil rouge…).

    • Bonjour Estelle,

      Vos interrogations sont pertinentes également.

      Pour avancer sur le conditionnement à l’origine du problème, il nous faut mieux connaître les filières emballage/encre/papier lors des différentes étapes de transformation/conditionnement.

      Je souhaite préciser que si nous passons énormément de temps à comprendre les producteurs, les écouter, suivre le développement économique et sociale des coopératives agricoles, il ne sera peut-être jamais possible pour une PME de 45 personnes d’avoir une connaissance exhaustive de toutes les matières exactes utilisées par les groupes de producteurs pour le conditionnement des produits.

      Je précise également qu’il est indispensable de favoriser une transformation dans les pays du Sud pour augmenter la valeur ajoutée pour les coopératives et garantir un impact effectif pour l’amélioration des revenus des producteurs, mais le revers de la médaille est que nous ne pouvons pas systématiquement jouer les laborantins.

      Nous allons pourtant (fidèles à la démarche de progrès qui nous anime) essayer d’avancer sur cette connaissance.

      Voilà déjà quelques pistes pour avancer :

      -essayer de passer dès que possible à des encres végétales sur toutes nos gammes de produits ou l’emballage imprimé est assez proche du produit (donc le thé essentiellement !)

      -réfléchir à basculer sur un emballage plastique, moins perméable mais moins écologique (nous sommes systématiquement confrontés à ces paradoxes et à ces arbitrages entre social, économique, environnemental, sécurité alimentaire).

      Ces modifications, ne sont cependant pas toujours possibles considérant le type de machines présentes dans les coopératives.

      -votre suggestion de passer sur un emballage gros sac (type Clipper comme vous l’évoquez) dans lequel les infusettes sont en vrac est effectivement envisagée (vous êtes une vraie experte des conditionnements de thé !).

      Encore une fois j’espère que ma contribution aura permis de clarifier tout ça.

      Bien à vous,
      Eric

  12. [...] jQuery("#errors*").hide(); window.location= data.themeInternalUrl; } }); } mademoiselle-the.fr – Today, 9:36 [...]

  13. [...] billet arrive, sans que cela ne soit calculé, juste après celui de 60 Millions de Consommateurs incriminant certains acteurs du marché du thé en sachet. Il y fait écho, je le réalise maintenant. Me sentirais-je une âme [...]

  14. Depuis le temps que nous essayons de mettre en garde les gens sur ces dangers !
    Chez féedfuthé.com, nous sommes des passionnés de thé et nous tâchons d’apporter notre expertise dans nos mélanges ainsi que dans nos conseils et recettes.
    Nous avons choisi une approche très différente de nos concurrents puisque, par conviction, nous proposons en majorité des thés parfumés BIO.
    Nous sommes de fervents défenseurs de l’environnement et ne souhaitons pas être responsable de la disparition des abeilles ou de la pollution des sols par les pesticides.
    Notre manifeste est ici : http://www.feeduthe.com/content/14-le-th%C3%A9-bio-pourquoi-

    Nos connaissances, notre militantisme et notre passion pour le thé nous permet d’informer les consommateurs sur cet état de fait et de nous placer comme alternative saine au piège du commerce sans âme dans lequel sont tombé bon nombre de maisons de thé de renommée internationale.
    Et nous ne parlerons même pas des thés Lipton qui sont connus pour utiliser des produits Monsanto…

  15. Marie dit :

    Voici un article des plus perturbants en effet. Je n’aime pas vraiment le thé mais en consomme pour ces soi-disant vertus. Je vais mieux étudier la chose à présent.

  16. Hugo dit :

    Bonsoir,
    Je viens de lire les commentaires de ce sujet.
    Je revends du thé depuis maintenant 15 ans et je suis toujours surpris de ne jamais voir de test sur ces soit-disantes « grandes maisons de thé ».
    Savez-vous où sont fabriqués les thés Mariages ? Et bien pas en France !!! Comme une grande partie de ces fameuses maisons de thé que l’on encense à longueur de temps.
    Dans le pays où sont fait leurs mélanges, la totalité des ingrédients est listée car cela est obligatoire !!! Et des E… Il y en a pas mal…alors pourquoi l’ensemble de ces ingrédients n’apparaissent-ils pas en France ?
    Et maintenant le fameux Kusmi, thé de grande surface au marketing dédié « bobos », voilà notre armée de marchands de thé Français…mais certain sortent quand même du lot, mais là c’est mon avis personnel de buveur de thé…

  17. [...] riche en pesticides et autres produits pas très ragoûtants : Mademoiselle thé a analysé dans un de ses articles un test paru dans 60 millions de consommateurs portant sur 30 sachets de thés différents et qui [...]

  18. THE dit :

    Bonjour,

    Je partage un bon plan pour du thé bio en sachet ou en vrac de qualité jusqu’à -45% sur http://www.ventesvertes.com

  19. NDIAYE Madia dit :

    C’est avec plaisir que nous vous informons de la tenue du Festival International du Thé au Parc National du Mali, du 31 juillet au 02 août 2015.

    Avec plus 150.000 visiteurs attendus, ceci est une opportunité de communiquer, sensibiliser, prévenir.

    Pour nos partenaires commerciaux et sponsors, il est certains qu’il bénéficieront d’une bonne visibilité et promotion de leur offre ou encore développer leur image auprès du grand public notamment le consommateur de thé et autres acteurs intervenants dans la chaîne de production, de la distribution et vente.

    Veuillez recevoir en pièces jointes la présentation de l’événement et de son programme.

    Cordialement.

    NDIAYE Madia

    Chargé Commercial

  20. [...] Enfin, Mademoiselle Thé, en 2012, revenait sur l’article « du rififi dans nos tasses de thé » de 60 millions de consommateurs. Cet article donnait le bilan de l’analyse de 30 marques de thé en sachets, et avait mis en évidence des teneurs en pesticides alarmantes (pas chez Clipper, rassurez-vous). Cliquez pour lire son avis. [...]

  21. Tartampion dit :

    Bonsoir,
    Je recherche des infos car je suis en train de « me battre » avec Twinnings pour savoir ce que je consomme. Pour l’instant je n’ai qu’une étude canadienne en anglais de 2004.
    Sauriez-vous quelles sont les obligations d’informations sur le thé ? J’ai trouvé pour les denrées alimentaires mais rien sur le thé spécifiquement.
    Cordialement.

    • Mademoiselle Thé dit :

      Bonjour, je comprends votre agacement. Je vous suggère de contacter la DGCCRF. Il y aurait tant de sujets à traiter autour du thé et des salons de thé! N’hésitez pas à nous partager le fruit de vos recherches. Bonne fin de journée.

  22. jean rêne dit :

    je bois le matin au petit dèj un gd bol d’eau minérale dans lequel j’ai mis à infuser un sachet de thé vert plus un autre d’un thé »normal » earl grey ou autre, l’eau est chauffée jusqu’au point de bouillir mais je la laisse légèrement refroidir avant de la verser ds le bol
    je laisse infuser 3 a 4 minutes, je remue les sachets et l’eau et je presse les sachets a l’interieur du bol avec une petite cuiller pour en extraire tout le »jus », j’ajoute une sucrette et souvent un peu de lait demi écrémé , et je trempe des tartines de pain beurrées et je déguste,
    est ce bien ou y a t il comme un ou des défauts dans ma façon de faire?
    ne hurlez pas tous ensemble les fins connaisseurs de thés

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