Les Couleurs du Thé

Couleurs des Thés

Avant de me lancer dans une ribambelle de Carnets de Voyage sur ma Route du Thé en Chine, permettez-moi de faire un petit préambule.

Des enfants pensent, parce qu’ils n’ont jamais été confrontés à la réalité, que les poissons panés nagent dans l’océan ; d’autres s’imaginent que les sachets de thé se cueillent sur l’arbre bien connu du « Liptonnier » (j’assume totalement ce néologisme !). Trève de paraboles !

Les bases : j’aurais dû commencer par là d’autant que vous avez été plusieurs à me le demander.  Une chose est sûre : personne n’a la science du thé infuse (!). Je reprendrai donc aujourd’hui rapidement l’un des fondamentaux du thé : LES COULEURS DU THE.

Suivront des billets sur l’EAU (ce sujet fera indubitablement des vagues…), LES FAMILLES DE THES, les MODES DE TRANSFORMATIONS DU THE, les ACCESSOIRES DU THE, le CONDITONNEMENT DU THE, L’AROMATISATION DU THE, les PAYS DU THE, la COMPOSITION d’UNE FEUILLE DE THE… Si un autre sujet, « FONDAMENTAUX DU THE» vous tente, vous me le ferez savoir, je n’en doute pas (plus) !

Je fais souvent ce parallèle avec le vin. Pour le vin, il y a la vigne. Pour le thé, il y a le théier (le Camelia Sinensis). La vigne produit des fruits (le raisin) ; le théier produit des feuilles (et des fleurs). Et enfin, les cépages sont au vin, ce que les cultivars (de « cultivated variety ») sont au thé.

Pas de digressions vers les terroirs, les tanins et autres polyphénols… Promis, nous en reparlerons autour d’une bonne tasse de thé ou autour d’un bon verre de vin ! Au risque de m’attirer les foudres, rien ne nous interdit de créer à partir d’un raisin rouge un vin rouge, un rosé, un vin blanc… Le raccourci pour le thé est le même. Une même feuille de thé juste cueillie peut être à l’origine d’un thé blanc, un thé vert, un thé noir…

Je reviendrai bien entendu sur chacune des méthodes et étapes de transformation (flétrissage, roulage, dessiccation…) ; l’objectif de ce billet est uniquement de distinguer les 6 différentes couleurs de thé.

Le thé blanc : Juste cueilli, il sèche au soleil. Il passe presque directement du théier à la théière ! Mais ne nous méprenons pas, il s’agit d’une méthode de transformation difficile à maîtriser. J’ai pris ici la photo d’un thé Blanc Aiguilles d’Argent du Palais des Thés.

Le thé jaune : Cette couleur de thé est assez rare. Il s’agit d’un thé très légèrement fermenté sous une couche de paille. J’ai pris ici la photo d’un Thé Jaune compressé acheté chez Mariage Frères.

Le thé vert : la feuille ne subit pas d’oxydation. Pour faire (très) court, la feuille est chauffée de façon à arrêter le processus d’oxydation naturelle. Les Chinois chauffent ces feuilles à haute température (au wok par exemple), les Japonais utilisent la vapeur chaude. La photo ci-dessous est celle d’un Long Jing que j’ai acheté sur place (Long Jing est tout près de la ville d’Hangzhou dans la province du Zhéjiang).

Le thé bleu-vert : appelé Oolong ou Wulong, il s’agit d’un thé semi-oxydé. Il peut être peu oxydé, moyennement oxydé ou fortement oxydé. L’oxydation est stoppée au moment souhaité. Il s’agit sur la photo d’un Tie Guan Yin acheté chez Neo-T. Je voulais montrer ici les feuilles roulées.

Le thé Noir ou Rouge : Nous, occidentaux, l’appelons Thé Noir car la feuille complètement oxydée est de couleur noire. Les Chinois attribuent une couleur au thé non pas sur le base de la couleur de la feuille mais sur celle de la liqueur (issue de l’infusion des feuilles). La photo ci-dessous est celle d’un Yunnan acheté à la Maison de Thé George Cannon. Les thés totalement oxydés (en dehors des thés oxydés de Chine) se nomment donc Thés Noirs (Les Assam, Darjeeling…). Les Chinois les nomment, quant à eux, Thés Rouges. Mais dans ce cas, ce thé Rouge n’a rien à voir avec le thé Rouge que vous trouvez généralement en boutique. Il s’agit très souvent de Roiboos, une plante issue d’un arbrisseau endémique à l’Afrique du Sud qui n’a rien à voir avec le thé et qui n’est pas issue du Camellia Sinensis. Le Roiboos est à classer dans la catégorie « Infusions ». 

Les Thés Sombres : autrement nommés Pu Er, Pu Erh ou Thés Post fermentés. Ils sont présentés en vrac ou en galette, crus ou cuits. Je faisais référence plus haut à l’univers du vin ; ces thés sombres sont typiquement ce que l’on pourrait appeler des « Thés de Garde » dans la mesure où il s’agit du seul type de thé qui peut se bonifier avec l’âge. Cette famille de thés méritera un billet, que dis-je, une flopée de billets pour présenter leur mode de fabrication, leur histoire, leurs fabuleux accords possibles avec des mets… Juste pour l’anecdote, ma fille de 3 ans, sait les distinguer des autres thés. Elle me dit qu’ils sentent le poney ! Sympathique teasing me direz vous pour un prochain billet. La photo ci-dessous est celle d’un morceau de Galette de Puerh Cru de 2004 issu de Théiers Sauvages du Yunnan. Je vous recommande d’ailleurs le site http://www.puerh.fr/, un site d’information spécialisé et pour l’achat de vos Puerh : La Maison des Trois Thés 1 rue St Médard 75005 Paris Métro Monge.

Chacune de ces couleurs de thés, peut vous être proposée en « version originale », parfumée et/ou aromatisée. Je n’ai volontairement pas abordé les Thés Fumés (Lapsang Souchong, Tarry Souchong…). Je les classe dans la famille des thés parfumés. J’y reviendrai.

Je m’arrête là-dessus avec cette envie inouïe de reprendre chaque point et de le détailler jusqu’au niveau de plus fin de la plus fine maille du filet. Mais je voulais faire court et simple. Je parlais de poisson en introduction ; je termine avec les mailles du filet. La boucle est bouclée.

 

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14 Responses to “Les Couleurs du Thé”

  1. Kaeru dit :

    Article sympa mais il manque quand même la photo des thés infusés. Je trouve que c’est là qu’ils révèlent tout la subtilité de leur palette :)

  2. Mademoiselle Thé dit :

    Bonsoir! Complètement d’accord mais je ne voulais pas être trop longue. Je prévois de faire un billet (minimum ^_^) par couleur pour mettre en avant chaque thé (feuilles sèches, infusion et liqueur). A bientôt.

  3. la souris dit :

    trés intéressant! je ne me doutais pas de la complexité des familles de thé!

  4. Joli récapitulatif :-)

    Lorsque j’ai commencé à boire du thé (il y a 6 ans), je ne buvais que du noir aromatisé.
    Je n’aimais alors pas du tout le vert…

    Puis, le temps passant, j’ai petit à petit, appris à aimer le thé vert (aromatisé)… jusqu’à ne plus pouvoir boire du noir, que je trouvais trop fort.

    Et, petit à petit, j’ai appris à aimer les thés verts natures, selon les provenances, les années, …

    Et, maintenant, je ne bois que du vert non aromatisé :-)
    J’aime aussi le Pu Erh tout de même, mais que le matin, et quand il fait bien froid en hiver :-)

    Avant hier, j’ai acheté mon 1er thé blanc : un nature & un à la rose :-)

  5. nath dit :

    Oua…
    Un bel apperçu des thès, je me suis arrêtée au thé vert ! [oups celui en petits sachets ronds et aromatisé - et un autre de chine que l'on trouve au moment du nouvel an]

    Je ne connaissais pas toutes ses diversités et je suis impatiente de lire la suite des posts.

  6. [...] Les Couleurs du Thé | Mademoiselle Thé Mademoiselle Thé décrit les 6 différentes couleurs de thé. Source: mademoiselle-the.fr [...]

  7. [...] Vous pourrez également relire l’article concernant les couleurs de Thé. [...]

  8. [...] un petit rappel quant à la couleur des différents thés, je vous invite à lire ce billet en cliquant ici. Et il est de bon ton de siroter ce thé en cette année du Dragon d’eau, à deux dans [...]

  9. [...] des thés les plus renommés de l’île. Ce oolong Dong Ding (ou Tung Ting) vert, car oxydé à 30% environ, est issu du cultivar Qing Xin (que vous pouvez également voir écrit Chin Shin comme me le [...]

  10. [...] appelée Tuo Cha (thé en nid d’oiseau pour les intimes). Cette famille de Thés dit Sombres (pour en savoir plus sur les couleurs de thé, c’est par là !) est peut-être parmi les moins connues dans nos contrées mais révèle pourtant tant de [...]

  11. Comme d’habitude un article clair et didactique.
    Quand j’ai goûté le Pu-Erh Terre de Chine de Theodor, j’ai eu la même réaction que votre fille, je lui trouve une odeur chavaline, une odeur d’écurie.

  12. [...] Les couleurs de thé (très bien expliqués par Mademoiselle Thé) [...]

  13. John dit :

    Une petite précision concernant les thés sombres : les thés pu-erh n’en représentent qu’une petite fraction, votre présentation est un peu ambiguë à ce niveau. Les thés pu-erh sont certes les plus connus, mais ce ne sont pas les seuls, ni forcément les meilleurs d’ailleurs !

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