[ART ET THE] Armén Rotch : Une nouvelle Cérémonie du Thé

Je vous parlais il y a quelques temps de Brigitte Ritschard et de Armen Rotch (sur la page facebook de Mademoiselle Thé), deux artistes qui ont ce point commun de rendre aux sachets de thé, une âme, un esprit!

L’exposition « Reliefs » (avec le soutien de la Fondation Espace Écureuil) qui vient de se terminer à Toulouse a réuni 8 artistes dont Armén Rotch autour de la dimension plastique et artistique des aliments : sel, sucre, épices, lait, riz et thé!

Armén Rotch, artiste arménien,  me touche particulièrement et ce n’est pas simplement parce qu’il récolte des milliers de sachets de thé pour les organiser en oeuvres couleur de Terre (tous les sens en éveil, figurez-vous un instant l’odeur que doivent dégager ces oeuvres!)…

Je ne veux pas faire dans le poncif mais Armén Rotch nous livre ici sa vision de la Cérémonie du Thé.

Armén Rotch parle de temps, de temporalité, des sens, d’intimité, de fragilité, d’infini…

Regarder, écouter ce qu’il dit dans ces 2 videos :

Armén Rotch par FondationEspaceEcureuil

ou

Voici le lien de son blog : http://armenrotch.blogspot.com/ ainsi qu’un extrait de ce blog

« Le sachet de thé insignifiant et signifié, résurgence de traces rouillées d’un intime humide et délabré. Il ne s’agit plus seulement du thé qu’on boit, qu’on goûte et qu’on sent, mais d’espaces intimement organisés qui s’équilibrent, de couleurs formées par et pour d’autres sens. Par le contact de chaque souffle particulier avec l’élément liquide où baigne le sachet de thé, ce breuvage millénaire se transforme en un espèce de magma amniotique d’ou le sachet renaît unique et singulier… Il sera dès lors soigné, séché pour accéder à un état de Rédemption. Le sachet acquiert une humanité, dont la présence préfigure la nature sensible et infinie des êtres et des choses. Toujours le même et toujours différent, trace de vécu et emprunte de soi. Ensemble et séparément dans une polyphonie monochrome l’infime et l’infini se rejoignent consacrant la surface de la toile en lieu de fusion du sensible et de l’intelligible. Déclinant les mêmes mouvements laconiques et précis, inéluctablement répétés, accolés les uns contre, avec et en dépit des autres, comme le sont nos actes quotidiens même les plus intimes, Rotch éprouve le temps, avançant à mesure de sa temporalité intérieure hors de toute chronologie circonstancielle Réfléchir une sensation de temps plutôt qu’une conscience, une profondeur plutôt qu’une expérience de durée, il ne s’agit pas ici de maîtriser les  » protocoles temporels  » mais de s’imprégner des multitudes d’instants en mutation, traces effacées d’un passé sans mémoire. L’appréhension du temps absolu, la perception de la fragilité et de la finitude du moi face à l’espace incommensurable du temps infini, n’est possible que dans la mesure où l’expérience et le savoir s’accordent avec nos facultés intuitives et sensorielles. . Prendre le temps de sonder les profondeurs sensibles de l’image en tant qu’ espace fragile et tempéré de l’intime, le laissant traverser nos sens, se laissant traverser par nous . Recherchant ses propres impondérables, vacillant dans le temps et l’espace de chacune des séquences, composant avec des traces plus ou moins éphémères , avancer, construire pour se reconstruire. Pour Rotch, l’œuvre n’a pas l’intention de déborder de son cadre, bien au contraire, elle est intériorité et exprime la nécessité du recueillement…… la variété de ses possibles étant dans l’œuvre même, exigeant ascétisme et contemplation.

Gilda G. Hadjian, présidente de l’association parisienne  »Les chercheurs d’ID«   »

J’aime l’idée de « s’imprégner » de l’oeuvre de cet artiste!

Quand le thé est un prétexte…

Les 2 photos sont issues du blog d’Armén Rotch.

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